Le régime paléo, dérivé du mot paléolithique, consiste à suivre l’alimentation probablement consommée par nos ancêtres chasseurs-cueilleurs. Plus précisément, ce régime vise à s’alimenter à partir de produits naturels, non transformés, que l’on trouverait en pleine nature. Or, il s’agit de bien plus qu’un régime amincissant ou d’une alimentation utilisée dans le sport. Le régime paléolithique est un véritable mode de vie pour ses pratiquants.

Qu’est-ce que l’alimentation paléolithique ?

On parle de « régime ancestral » ou « régime hypotoxique ».

Le mode alimentaire des Hommes ayant vécu à l’époque du Paléolithique a été le sujet de recherches de plusieurs chercheurs. En 1985, Dr Stanley Boyd Eaton corrobore une théorie entre nos gênes et nos besoins alimentaires. En 40.000 ans nos gênes n’auraient pas changé de manière significative. Ainsi l’alimentation des Hommes du Paléolithique, qui etaient chasseurs-cueilleurs, serait toujours adaptée à notre organisme. Il fait alors, pour la première fois, le lien entre l’absence de maladies dégénératives et le régime alimentaire des premiers Hommes.

Des aliments non transformés, repartis en 22 à 40% de glucides, 28 à 47% de lipides et 19 à 35% de protéines.

C’est en 2001, avec la publication de son livre Le régime paléo: Le régime sans aliment transformé pour retrouver la forme, que Dr Loren Cordain popularise cette théorie selon laquelle le régime paléolithique serait le « mode d’alimentation pour lequel notre espèce est génétiquement adapté ». Il repose sur la consommation de produits naturels, non transformés et variés, en d’autres termes des aliments riches en vitamines et en minéraux, en bonnes graisses et en sucres naturels. Contrairement à notre alimentation actuelle qui comprend en moyenne 55% de glucides et 15 à 20% de protéines, l’alimentation paléolithique propose un équilibre de macronutriments différent : 22 à 40% de glucides, 28 à 47% de lipides et 19 à 35% de protéines.

Les atouts et les limites de la diète paléo

Les avantages

Ce mode alimentaire réduirait significativement l’apport journalier en glucides. Comme pour le régime cétogène📍, une consommation moindre en glucides entraînerait une amélioration de la sensibilité des tissus à l’insuline.

L’amélioration du contrôle de la glycémie et des facteurs de risques cardiovasculaires.

L’insuline est une hormone hypoglycémiante permettant d’absorber le sucre au niveau cellulaire.

Une étude montre une diminution de sécrétion d’insuline ainsi qu’une amélioration de sa sensibilité mais aussi une meilleure pression artérielle suite à un régime paléolithique effectué sur une courte période. Cette même étude notifie également une amélioration du profil des lipides retrouvés dans l’organisme ℹ️.

Les personnes atteintes de diabète de type 2 ont une diminution de sensibilité à l’insuline. Sans mesure hygiéno-diététique, la sensibilité des tissus à l’insuline diminuée évolue vers la résistance à l’insuline.

Une étude randomisée sur 13 personnes compare deux types de régimes : la « paleo diet », et la « diabete diet ». Pour information, cette dernière est le régime conventionnel recommandé aux personnes souffrant de diabète de type 2 non traité par insuline. Elle a pour but de diminuer les facteurs de risques cardiovasculaires. L’étude a duré 3 mois et montrerait un meilleur contrôle de la glycémie et de plusieurs facteurs de risques cardiovasculaires chez les patients suivant le régime paléolithique, par rapport à la « diabete diet » ℹ️.

Certains pratiquants trouvent que cette alimentation s’articule parfaitement avec la le régime cétogène, végétarien ou végétalien. Il en est de même pour la pratique du jeûne intermittent.

La définition du mode alimentaire paléo est quantitatif avec ses propres proportions de macronutriments, mais aussi qualitatif, synonyme d’alimentation naturelle. Vous pouvez très bien consommer des produits non transformés dans le cadre d’une alimentation traditionnelle, et dans d’autres modes alimentaires.

Ainsi, un pratiquant du régime cétogène avec ses propres pourcentages de macronutriments 📍, peut aussi consommer des aliments n’ayant subit aucune transformation. De même, un pratiquant de la diète cétogène peut aussi être végétarien, comme le décrit Dr Will Cole dans sont livre Ketotarian.

Les pratiquants du régime végétarien et végétalien peuvent aussi être paléo, de manière quantitative et qualitative. Il faudra simplement s’assurer que les sources végétales soient suffisamment riches en protéines.

Elle est compatible et couramment utilisée avec l’activité physique.

Il n’y a plus à démontrer l’importance de l’alimentation dans le sport. Pour Greg Glassman, créateur du Crossfit, un régime sain est la base sur laquelle repose votre performance et votre progression. L’alimentation paléolithique et le Crossfit répondent au même principe de volonté de naturel. Les mouvements du Crossfit sont fonctionnels et naturels : nous les retrouvons au quotidien.

Lier la pratique de ce sport à un régime paléolithique est assez courant. Certains pratiquants seraient rassurés de savoir qu’une consommation élevée, modérée ou faible de glucides pendant une courte période n’entraînerait pas de différence significative sur l’amélioration des performances. Ceci est notamment souligné dans une étude, randomisée certes, mais de faible effectif (18 sujets) ℹ️.

Les inconvénients

Notre article sur la quantité de protéines à consommer pour prendre de la masse musculaire en toute sécurité est accessible ici📍.

Les protéines excédentaires sont transformées et stockées dans les réserves destinées aux sucres et graisses.

D’une part d’un point de vue énergétique, l’organisme ne peut pas stocker les protéines excédentaires. Celles-ci sont converties en glycogène afin de stocker de l’énergie sous forme de réserve glucidique. Ce régime pourrait provoquer les effets inverses à ceux recherchés. En effet, ceci résulterait d’une consommation trop importante par rapport aux réels besoins en protéines.

Il est nécessaire de s’assurer de ne pas souffrir de maladie rénale chronique avant de commencer un régime hyperprotéiné.

La maladie rénale chronique (MRC) est souvent méconnue et évolue de manière lente et insidieuse. Le diabète et l’hypertension artérielle en sont les causes les plus fréquentes. Les données épidémiologiques montrent une prévalence de MRC élevée à 10% pour la population française ℹ️.

Chez le sujet sain, obèse ou diabétique mais toujours indemne de néphropathie, un apport élevé en protéines ne semble avoir de conséquence délétère sur le rein, à court et moyen termes. A l’issue d’une étude randomisée menée sur deux ans, auprès de 307 patients obèses, il a été finalement mis en évidence l’existence d’une adaptation rénale physiologique ℹ️.

A l’inverse, chez les sujets souffrant de MRC, la fonction rénale diminue ℹ️. Il est donc important de faire le point sur son état de santé avant d’augmenter ses apports protéiques.

La diversité alimentaire est beaucoup plus faible aujourd’hui.

Même si le code génétique des Hommes du Paléolithique devrait être proche du nôtre, la diversité alimentaire et l’environnement sont bien différents.

Les phénomènes historiques qui auraient participé à la diminution de la diversité alimentaire seraient principalement l’élevage et l’agriculture. Ces derniers auraient en effet entraîné une sélection d’espèces, végétales et animales parmi d’autres. Il faut rester vigilant dans la pratique du régime paléo, car elle tend vers la restriction de certains aliments. Or, aujourd’hui il semble difficile et onéreux de s’alimenter uniquement de produits naturels n’ayant subit peu ou aucun processus industriels. Toute restriction alimentaire, paléo ou non, s’ajoute à la diminution de la diversité d’ores et déjà présente dans l’alimentation. Dans certains cas, ceci pourraient aggraver des carences, les apports de vitamines et minéraux étant insuffisants.

La source des aliments naturels est souvent controversée, et des aliments même naturels peuvent être nocifs pour la santé.

Nous allons prendre comme exemple la consommation de poissons. Nous vous conseillons de choisir des petits poissons, avec une chaire légère, et ne vivant pas dans le eaux profondes. Ceci à une importance considérable du fait de l’énorme accumulation de toxiques, et de polluants tels que le mercure dans nos océans ℹ️. Il serait donc plus interessant de consommer des sardines plutôt que du thon, même si la source parait fiable et l’aliment non transformé.

En conclusion

L’alimentation paléolithique, basée sur la consommation de produits sains et naturels, présente bien des avantages. On retiendra principalement l’amélioration de contrôle de la glycémie et des facteurs de risques cardiovasculaires. De plus, cette alimentation est compatible avec d’autres modes alimentaires, ce qui appuie sa grande utilité.

Malheureusement il existe aussi des limites à ce régime. D’une part, les viandes, fruits et légumes actuels, possèdent une diversité alimentaire et surtout des profils nutritionnels bien moins intéressants que ceux de l’époque paléolithique.

D’autre part, chez les personnes souffrant de maladie rénale chronique, la consommation élevée de protéines est contre-indiquée. La prévalence de cette pathologie étant de 10% dans la population française, il ne serait pas inutile, par précaution, d’effectuer un bilan de santé avant d’entreprendre un régime hyperprotéiné.